"Assurance Autonomie Oui! Mise en danger de nos services NON!"

Le projet d’assurance autonomie tel que pensé aujourd’hui par la Ministre Greoli n’est pas un système assurantiel à proprement parlé. Elle envisage en effet de détricoter un système qui fonctionne bien (SAFA) en utilisant la totalité du budget public de ce secteur pour financer (en plus de la cotisation annuelle de 50 euros par wallon) ce projet d’assurance autonomie.

Or, si elle veut créer un système de sécurité sociale wallon, la Ministre doit envisager un dispositif qui permet à chacun de contribuer selon ses moyens et d’en disposer selon ses besoins, ce qui n’est absolument pas le cas ici !

 

Impacts sur les bénéficiaires

 

Le projet d’assurance autonomie tel que proposé par la Ministre Greoli s’adressera uniquement à des personnes en situation d’entrée en dépendance ce qui entrainera l’exclusion d’un grand nombre de nos bénéficiaires actuels (famille, bénéficiaire ayant des problèmes sociaux, psychiatriques, bénéficiaire du service d’aide à la jeunesse, bénéficiaire du CPAS…). En effet, malgré le paiement annuel de la cotisation « Assurance Autonomie » de 50 euros, ces bénéficiaires exclus de ce nouveau modèle seront tenus de payer le prix plein (35€ de l’heure) alors que le tarif actuel est de maximum 7,81€/ heure. Dans un tel contexte, de nombreux bénéficiaires risquent soit de renoncer à l’accompagnement social global dont ils ont tant besoin soit d’ avoir recours au travail au noir et donc à des personnes peu voire pas formées à ce métier complexe.  

Le projet de la Ministre tel que présenté à ce jour complexifiera de façon massive l’introduction d’une demande d’aide, augmentera les délais de réaction des services et réduira l’accompagnement social, actuellement apporté aux bénéficiaires par les aides familiales.

 

Impacts sur les professionnels

 

Si ce projet est effectivement mis en place, le secteur sera alors confronté à une nouvelle définition des rôles dévolus aux aides familiales, aux gardes à domicile, aux aides ménagères sociales, aux assistants sociaux et aux centres de coordination.

D’un accompagnement global et polyvalent, le métier des aides familiales et plus globalement de l’aide à domicile risque d’évoluer vers une prise en charge prioritairement sanitaire de plus en plus morcelée.

Etant donné que désormais toutes personnes en situation de faible dépendance pourra bénéficier de l’assurance autonomie, cela risque d’engendrer une augmentation du nombre de demande d’accompagnement auprès de ce type de bénéficiaire. Or, actuellement, le nombre d’heures de prestations d’Aides Familiales subventionnées par la Région wallonne ne permet pas de répondre à toutes les demandes.

Cette dérégulation entre l’offre et la demande impactera les employeurs qui ne pourront plus déployer une politique d’embauche structurée garantissant un avenir professionnel à tous les travailleurs.

 

La FEDOM et la FCSD ont confirmé lors d'une conférence de presse qu’elles sont favorables à la mise en oeuvre d’une Assurance Autonomie en vue de disposer des moyens permettant un accompagnement adapté au vieillissement de la population. Mais pas à n’importe quel prix !
 

Pour nos fédérations, le déploiement et l’organisation d’une Assurance Autonomie doivent se faire en concertation étroite avec le secteur (SAFA et Centres de coordination), les représentants des travailleurs mais aussi avec les Organismes Assureurs et l’AViQ (Agence pour une Vie de Qualité).

 

Pour mieux comprendre les inquiétudes du secteur, cliquez ICI